Pourquoi faire son terreau soi-même ?
Un sac de terreau de semis du commerce coûte entre 6 et 12 €
les 20 litres. Pour un potager en permaculture avec 200 à 300 godets par
saison, la facture monte vite.
Les terreaux industriels contiennent souvent de la tourbe
extraite de tourbières — un écosystème en danger. La tourbe est neutre et
légère, mais elle n'apporte rien biologiquement. Un terreau maison bien fait
fait mieux.
Ce que doit faire un bon terreau de semis
Un terreau de semis n'est pas un terreau de rempotage. La
graine n'a pas besoin de beaucoup de nutriments au départ — elle en a avec
elle. Ce qu'elle cherche : de l'humidité stable, de l'air, et un substrat léger
pour que la radicelle perce facilement.
Les trois qualités indispensables : bonne rétention d'eau
sans engorgement, bonne aération, texture fine sans gros morceaux qui
bloqueraient les racines.
🌱 Quand le préparer ?
Préparer le terreau 2 à 4 semaines avant les premiers semis.
☀️ Le compost doit avoir le temps de se stabiliser dans le mélange.
En pratique : préparer en janvier-février pour les semis
sous abri de tomates et poivrons. En mars pour les semis de printemps en
godets.
🌧️ Stocker à l'abri de la pluie dans un bac couvert. Un terreau trop humide avant utilisation favorise les fontes de semis (Pythium, Rhizoctonia).
Les ingrédients de base
Il existe plusieurs recettes selon ce qu'on a sous la main.
Voici les trois composants principaux :
Compost mûr
• Base
du mélange — apporte la vie microbienne et les nutriments de démarrage
• Doit
être entièrement décomposé : texture homogène, couleur brun foncé, odeur de
sous-bois
• Un
compost trop frais brûle les racines et contient des pathogènes non dégradés
• Passer
au tamis 5 mm pour éliminer les gros morceaux non décomposés
Sable grossier ou perlite
• Améliore
le drainage et l'aération du mélange
• Sable
de rivière lavé uniquement — jamais de sable de mer (trop salé) ni de sable fin
de maçonnerie (colmate les pores)
• La
perlite (roche volcanique expansée) est plus légère que le sable et n'alourdit
pas les plateaux de semis — préférable pour les semis en suspension ou en
étagère
• Dosage
: 20 à 30% du volume total
Fibre de coco ou terreau de feuilles
• La
fibre de coco remplace avantageusement la tourbe : même légèreté, même
rétention d'eau, mais issue d'un coproduit agricole renouvelable
• Le
terreau de feuilles (feuilles mortes compostées 1 à 2 ans) est gratuit et
excellent pour les semis fins
• Dosage
: 30 à 40% du volume total
Les recettes
Recette de base (universelle)
• 40%
compost mûr tamisé
• 30%
fibre de coco réhydratée
• 20%
sable grossier ou perlite
• 10%
terreau de feuilles tamisé (facultatif — si disponible)
Mélanger à la main dans un bac. Le mélange doit former une
boule dans la main, puis s'émietter facilement — ni trop sec, ni collant.
Recette pour semis très fins (carottes, céleri, laitues)
• 50%
terreau de feuilles ultra-tamisé (tamis 3 mm)
• 30%
compost mûr tamisé fin
• 20%
perlite fine
Texture plus fine pour ne pas bloquer les radicelles des
graines minuscules.
Recette pour semis en godets (tomates, poivrons, courges)
• 40%
compost mûr
• 30%
fibre de coco
• 20%
perlite
• 10% vermiculite — améliore la rétention d'eau en profondeur du godet
Utilisation et entretien du terreau maison
💧 L'humidification avant semis
• Humidifier
le terreau avant de remplir les godets — pas après. Un terreau sec absorbe
l'eau de façon inégale une fois en godet
• Ajouter
l'eau progressivement en mélangeant à la main — viser la consistance d'une
éponge essorée
• Test
: presser une poignée de terreau. Il doit tenir en boule mais ne pas laisser
couler d'eau
• Un
terreau trop mouillé : égoutter sur un tamis 30 min avant utilisation
🌿 La fertilisation en cours de semis
• Aucun
apport fertilisant dans les 10 premiers jours : la graine se nourrit de ses
propres réserves
• À
partir de la 2e paire de vraies feuilles : arroser une fois par semaine avec du
purin d'ortie dilué à 5% (1 volume pour 19 volumes d'eau)
• Pour
les semis qui restent longtemps en godet (tomates, poivrons) : une dose de
compost liquide à 10% toutes les 2 semaines à partir de la 3e semaine
🛡️ Les traitements préventifs contre la fonte de semis
• Fonte
de semis (Pythium, Rhizoctonia) : principale cause d'échec — les plantules
tombent au collet, noircissent et meurent
• Prévention
n°1 : ne jamais sursaturer le substrat en eau. Laisser légèrement sécher la
surface entre deux arrosages
• Décoction
de prêle en arrosage préventif : 15 g de prêle sèche dans 1 L d'eau, bouillir
20 min, diluer à 10%, arroser au pied dès le semis — renforce la paroi
cellulaire des tiges
• En
cas d'attaque déclarée : saupoudrer très légèrement de cannelle en poudre
autour du collet des plantules — propriétés antifongiques naturelles
• Aérer
régulièrement sous abri : l'air sec et circulant limite la propagation des
champignons
• Désinfecter
les plateaux et godets réutilisés au vinaigre blanc pur avant remplissage
Le savais-tu ?
Les Aztèques cultivaient déjà sur des radeaux de végétaux
décomposés flottant sur les lacs — les chinampas. C'est l'ancêtre direct du
substrat de culture hors-sol. Leur terreau de semis, c'était de la vase
lacustre et des déchets organiques fermentés. Pas si différent d'un bon compost
mûr.
La vermiculite utilisée dans les terreaux est un minéral
naturel qui se dilate à la chaleur. À 800°C, son volume augmente de 30 fois.
Elle retient l'eau entre ses feuillets et la restitue lentement aux racines —
exactement ce qu'il faut pour les semis en godet.
https://fleurs-et-jardins.blogspot.com/2026/03/permaculture-debut-saison.html
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